22 janvier 2026 · Équipe Oligae

Le Gers, terre de volailles fermières

Dans le Sud-Ouest de la France, le Gers occupe une place à part dans le paysage avicole. Ce département rural, le moins densément peuplé de l’ancienne région Midi-Pyrénées, a fait de l’élevage de volailles fermières un pilier de son économie agricole. Les collines gasconnes, leurs prairies vallonnées et leur climat tempéré offrent un cadre naturel propice à l’élevage en plein air.

Les Volailles du Gers bénéficient d’une IGP qui couvre le département du Gers et quelques cantons limitrophes des départements voisins (Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Lot-et-Garonne, Tarn-et-Garonne, Landes). La filière regroupe environ 300 éleveurs pour une production annuelle de l’ordre de 5 à 6 millions de volailles, principalement des poulets, mais aussi des dindes, des pintades, des canards et des chapons.

L’ODG des Volailles du Gers porte la défense d’une appellation qui se distingue par l’accent mis sur le plein air intégral, une caractéristique profondément ancrée dans les pratiques d’élevage locales.

Un cahier des charges centré sur le plein air

Les races

Le cahier des charges impose des souches à croissance lente, sélectionnées pour leur rusticité et leur aptitude à valoriser le parcours extérieur. Les races utilisées sont adaptées aux conditions climatiques du Sud-Ouest et présentent un indice de croissance journalier plafonné.

La durée d’élevage

Le poulet fermier du Gers est élevé pendant un minimum de 81 jours, mais la pratique courante dépasse souvent les 90 jours, en fonction des souches et des saisons. Les chapons atteignent 150 jours, les dindes fermières entre 140 et 180 jours selon les souches.

Le parcours, coeur de l’identité gersoise

C’est sur le parcours que les Volailles du Gers se démarquent le plus nettement. Chaque volaille bénéficie d’un minimum de 2 m² de parcours extérieur, mais dans la pratique, les élevages gersois offrent souvent des surfaces bien supérieures, profitant de la disponibilité foncière du territoire. Les parcours doivent être enherbés et entretenus, avec une rotation régulière pour préserver la qualité du couvert végétal.

La sortie sur parcours est obligatoire dès que les conditions météorologiques le permettent, et les trappes d’accès au plein air doivent rester ouvertes pendant la totalité de la journée. Les bâtiments sont limités en taille et en densité : pas plus de 11 volailles par mètre carré à l’intérieur.

L’alimentation

Les céréales constituent au minimum 75 % de la ration alimentaire, avec une part significative de maïs, céréale emblématique du Gers. Les OGM sont interdits. L’alimentation est complétée par ce que les volailles trouvent sur leur parcours : herbe, insectes, graines sauvages.

Les défis spécifiques de l’ODG gersois

La saisonnalité et les aléas climatiques

Le Sud-Ouest est soumis à des épisodes climatiques qui impactent directement les élevages de plein air : canicules estivales, épisodes de grippe aviaire nécessitant des mises à l’abri, tempêtes occasionnelles. L’ODG doit adapter la gestion des contrôles et des déclarations en fonction de ces aléas, et surtout gérer les dérogations temporaires de mise à l’abri imposées par les autorités sanitaires lors des épisodes d’influenza aviaire, tout en maintenant la conformité globale au cahier des charges.

La diversité des productions

Un éleveur gersois peut produire simultanément du poulet fermier, de la dinde de Noël, du chapon et de la pintade, chacun avec des durées d’élevage et des conditions spécifiques. L’ODG doit suivre cette diversité au niveau de chaque exploitation, en vérifiant que les conditions propres à chaque type de production sont respectées.

La coordination avec la filière gras

Le Gers est également un territoire majeur de production de canard gras (foie gras, confits, magrets). Certains éleveurs combinent volailles fermières et canards gras, ce qui crée des interactions entre les deux filières sur le plan sanitaire et logistique. L’ODG des Volailles du Gers doit articuler sa gestion avec celle de la filière gras, notamment pour les aspects de biosécurité qui concernent l’ensemble du territoire.

Le maillage territorial des contrôles

Avec 300 éleveurs répartis sur un département étendu et vallonné, la planification des contrôles représente un défi logistique. Les tournées de contrôle doivent être optimisées pour couvrir efficacement le territoire tout en respectant les obligations de fréquence définies dans le plan de contrôle validé par l’INAO.

Le numérique au coeur de la gestion de filière

La complexité de la gestion d’une IGP volaille en plein air, avec sa diversité de productions, ses aléas climatiques et son maillage territorial, appelle des outils adaptés. Les déclarations de bandes dématérialisées permettent aux éleveurs de transmettre leurs informations depuis leur exploitation, ce qui est particulièrement précieux dans un département rural où les distances sont importantes.

Le suivi en temps réel des bandes actives sur le territoire donne à l’ODG une vision consolidée qui facilite la planification des contrôles. Quand un épisode de grippe aviaire impose des mesures de confinement temporaire, l’ODG peut identifier immédiatement les élevages concernés et adapter ses procédures.

La gestion multi-espèces, avec des règles différentes pour chaque type de volaille, se prête naturellement à un outil qui applique automatiquement le bon référentiel en fonction de la déclaration de l’éleveur. Les fonctionnalités de gestion numérique permettent cette différenciation sans multiplier les procédures manuelles.

Pour les éleveurs gersois, habitués à travailler en plein air et souvent éloignés des circuits administratifs urbains, la possibilité de remplir leurs déclarations et de consulter leurs résultats de contrôle en ligne représente un gain de temps concret, au service d’une appellation qui porte haut les valeurs du terroir gascon.

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