Qu’est-ce qu’une IGP ?
L’IGP, ou Indication Géographique Protégée, est un signe européen qui identifie un produit agricole ou alimentaire dont la qualité, la réputation ou d’autres caractéristiques sont liées à son origine géographique. Pour bénéficier d’une IGP, au moins une étape de la production, de la transformation ou de l’élaboration du produit doit avoir lieu dans l’aire géographique délimitée.
Comme l’AOP, l’IGP protège la dénomination dans toute l’Union européenne. Elle est définie par le règlement (UE) n°2024/1143, qui encadre l’ensemble des indications géographiques pour les produits agricoles.
IGP et AOP : quelle différence ?
La distinction fondamentale porte sur le degré d’ancrage territorial :
- AOP : toutes les étapes (production, transformation, élaboration) doivent être réalisées dans l’aire géographique
- IGP : au moins une de ces étapes doit avoir lieu dans l’aire géographique
Cette différence ne signifie pas que l’IGP est un signe « moins bon » que l’AOP. Elle correspond à des réalités de filières différentes. Certains produits tirent leur spécificité d’une étape de transformation particulière (un fumage, un affinage, un séchage) réalisée dans un lieu précis, même si la matière première peut provenir d’ailleurs. L’IGP reconnaît cette réalité.
Exemples d’IGP en France
La France compte plus de 140 IGP agroalimentaires (hors vins), couvrant une grande variété de productions :
- Charcuterie : Jambon de Bayonne, Saucisse de Montbéliard, Saucisse de Morteau
- Produits de la mer : Huîtres Marennes Oléron, Huîtres de Normandie
- Fruits et légumes : Lentille verte du Puy, Fraise du Périgord
- Volailles : Volailles de Loué, Volailles du Gers
Le cahier des charges d’une IGP
Comme pour l’AOP, chaque IGP est encadrée par un cahier des charges qui définit précisément :
- L’aire géographique de production
- Les méthodes de production, de transformation et de conditionnement
- Les caractéristiques du produit fini
- Le lien entre le produit et son origine géographique
- Les règles d’étiquetage
Ce cahier des charges est rédigé par l’ODG, validé par l’INAO et enregistré par la Commission européenne.
Le rôle de l’ODG pour une IGP
Chaque IGP est portée par un ODG unique, reconnu par l’INAO. Ses missions sont identiques à celles d’un ODG gérant une AOP : rédaction du cahier des charges, gestion des opérateurs habilités, contribution au plan de contrôle, défense de la dénomination et promotion du produit.
En pratique, les ODG d’IGP gèrent parfois des filières très étendues géographiquement, avec des centaines d’opérateurs répartis sur plusieurs départements. La collecte des déclarations, le suivi des habilitations et la coordination avec l’organisme certificateur représentent une charge administrative importante.
IGP et développement territorial
L’IGP joue un rôle significatif dans l’économie des territoires ruraux. Elle structure des filières, maintient des savoir-faire locaux et constitue un outil de différenciation sur les marchés. Pour les collectivités, une IGP est aussi un levier de promotion touristique et d’attractivité territoriale.
Sources : INAO ; règlement (UE) n°2024/1143 du 11 avril 2024 ; articles L.641-11 et suivants du Code rural et de la pêche maritime.